Plaidoyer pour une radiologie qui innove, qui soigne et qui écoute
Santé pour tous, les engagements de la radiologie pour 2027
Édito
La radiologie, un socle de tous les parcours de soins en France et dans le monde
La radiologie constitue aujourd'hui un socle essentiel de tous les parcours de soins, en France comme dans le monde. Elle est au cœur des grands défis auxquels les systèmes de santé doivent répondre : vieillissement de la population, accès aux soins, cancers, prévention et dépistage, soutenabilité des finances publiques et souveraineté technologique.
Depuis ses origines, la radiologie française contribue à des avancées majeures et bénéficie d'une reconnaissance internationale. De la radiologie interventionnelle aux recherches en IRM, notamment sur la diffusion et le très haut champ, notre communauté participe pleinement à l'innovation médicale et à l'amélioration des soins.
De la prévention aux traitements interventionnels, des urgences aux réunions de concertation pluridisciplinaire en cancérologie, du diagnostic à l'évaluation pronostique, les radiologues répondent à des besoins de santé en constante progression. Dans le même temps, les attentes en matière d'accès et de délais de prise en charge augmentent. L'essor de l'intelligence artificielle et des outils numériques ouvre également de nouvelles perspectives, à condition qu'ils s'inscrivent dans un cadre qui garantisse la place de l'expertise médicale et la relation humaine entre le radiologue et le patient.
Prévenir, accompagner le vieillissement, préserver l'autonomie, diagnostiquer et traiter : la radiologie peut ainsi constituer, pour chaque citoyen, un véritable socle de santé tout au long de la vie. Forte de son expertise et d'un écosystème dynamique, la radiologie française dispose de nombreux atouts pour continuer à innover et répondre aux transformations de notre système de santé.
Les quatre années qui s'ouvrent doivent permettre de porter cette ambition.
L'ambition d'une radiologie humaine, qui place la relation entre le radiologue et le patient au cœur de la prise en charge, dans un système de santé où nos concitoyens attendent toujours plus d'information, de confiance et de garanties. Elle passe aussi par un accès équitable à l'expertise radiologique sur tous les territoires et par une politique permettant de répondre aux enjeux démographiques de la profession.
L'ambition d'une radiologie au cœur des parcours de soins, pleinement intégrée à leur coordination et permettant de reconnaître la place de l'ensemble des stratégies thérapeutiques interventionnelles dans l'offre de soins.
L'ambition d'une radiologie innovante, dans ses organisations comme dans ses pratiques, pour renforcer notamment la digitalisation et la pertinence des demandes d'examens, intégrer les innovations de rupture et accompagner les transformations de la médecine, tout en renforçant la responsabilité environnementale de nos pratiques.
Ces ambitions supposent de considérer la radiologie non comme un coût, mais comme un investissement pour notre système de santé : un investissement au service de la qualité et de la sécurité des soins, de l'efficience, de l'innovation médicale et de l'égalité d'accès. Sa fragilisation économique constitue à ce titre un risque collectif que la puissance publique ne peut plus ignorer.
La radiologie sera également au cœur des progrès médicaux à venir, en cardiologie, neurologie, cancérologie et dans le développement de la médecine prédictive, mais aussi en rhumatologie, médecine interne, pneumologie, gynécologie ou chirurgie. Elle doit donc pleinement participer aux choix qui détermineront l'avenir de notre système de santé.
À travers cette plateforme, nourrie par une réflexion nationale et l'expertise de la communauté radiologique française, la Société Française de Radiologie propose huit axes structurants pour l'avenir de la radiologie en France. Huit axes pour accompagner les transformations de notre système de santé et contribuer à offrir à chaque citoyen une meilleure santé demain.
Marie-France Bellin et Alain Luciani
Nos huit axes structurants
Garantir à chaque Français un accès à une consultation de radiologie de qualité, partout sur le territoire
Dans une République où l'égalité d'accès aux soins constitue un principe fondamental, aucun Français ne devrait voir ses chances de diagnostic ou de guérison dépendre de son lieu de résidence. Garantir un accès équitable à l'expertise radiologique, c'est garantir l'égalité devant la santé.
Pourquoi faut-il agir ?
La radiologie est une étape incontournable des parcours de soins, parcours qui restent complexes pour nombre de nos concitoyens. Qu'il s'agisse d'une urgence, d'un cancer, d'un accident vasculaire cérébral, d'une fracture, d'une grossesse ou du suivi d'une maladie chronique, la rapidité d'accès à un examen d'imagerie conditionne souvent la qualité du diagnostic, la précocité du traitement et les chances de guérison.
Pourtant, les Français ne sont pas égaux face à cet accès. Selon les territoires, les délais pour obtenir un rendez-vous peuvent varier fortement. Certaines zones connaissent une pénurie de radiologues ou de manipulateurs en électroradiologie médicale, tandis que les établissements peinent à assurer une permanence des soins 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. À noter également, la réduction du nombre de sites radiologiques d'offre de soins de proximité dans un certain nombre de départements ruraux mais aussi dans la périphérie de nombreuses grandes villes.
Cette situation est appelée à se tendre davantage avec le vieillissement de la population, l'augmentation des maladies chroniques et la progression continue des besoins en imagerie.
Garantir un accès équitable à la radiologie constitue donc un enjeu majeur d'aménagement du territoire et de justice sociale. Chaque citoyen doit pouvoir bénéficier, quel que soit son âge, son lieu de résidence ou sa situation de santé, d'une prise en charge rapide, sécurisée et de qualité.
Nos propositions
Anticiper les besoins de soins radiologiques de la population nationale et garantir ainsi l'accès de nos concitoyens aux examens et traitements que leur santé requiert
L'accès à l'imagerie dépend avant tout des professionnels qui la rendent possible.
Nous demandons une programmation pluriannuelle pour anticiper en conséquence les évolutions démographiques des prochaines décennies en augmentant le nombre de médecins radiologues et de manipulateurs formés. Pour rappel, le quota d'internes n'augmentera pratiquement pas en 2026 et ce après des années de stagnation et de baisse. L'effectif des radiologues est en baisse de moins 10 % par rapport à 2015*.
La programmation des effectifs doit notamment prendre en compte l'organisation, la répartition selon les territoires et le nombre de professionnels réellement disponibles, en témoignent les chiffres suivants** :
- En 2025, on comptait 9 342 radiologues, soit une hausse de 4% par rapport à 2020, mais cette profession progresse bien moins vite que la plupart des autres spécialités. Ainsi, en cette rentrée 2026/2027 les effectifs d'internes de radiologie entrant dans le troisième cycle restent stables contrairement à toutes les autres spécialités médicales et chirurgicales dont l'augmentation moyenne des effectifs dépasse 15%**.
- Plus de 30% des radiologues ont plus de 60 ans, partiront donc à la retraite d'ici 5 ans et ne seront donc pas remplacés.
- Concernant le taux de vacance statutaire des radiologues, on compte 46% de praticiens hospitaliers en temps plein et 56% de praticiens hospitaliers en temps partiel.
- En 2024, 31 772 manipulateurs étaient en activité en France, dont 31% en établissements publics (baisse constante depuis 2017).
Ainsi, la SFR souhaite que soit établie une stratégie pluriannuelle concernant la démographie des radiologues et manipulateurs, pour assurer les soins radiologiques - tant diagnostics que thérapeutiques - nécessaires à l'amélioration de la santé de nos concitoyens.
* Communiqué de presse « Formation des jeunes radiologues : la France prépare-t-elle vraiment la médecine de demain ? » (cnpg4-radiologie.fr)
** Présentation du Pr Louis Boyer : Soins radiologiques, Santé Société 2025 (dispose.aphp.fr)
Garantir l'accès aux ruptures technologiques en radiologie diagnostique et interventionnelle
Les innovations de rupture en radiologie contribuent à la réduction des risques pour les patients concernés et à l'amélioration de leur prise en charge.
L'IRM à très haut champ (7T et au-delà) et le scanner à comptage photonique en sont deux exemples actuels.
L'implantation de ces équipements dans chaque région doit être soutenu, et favorisé par un pilotage régional associant Conseils Professionnels régionaux de la radiologie et ARS pour en définir le / les site(s) d'implantation.
Le surcoût à l'achat de ces équipements permettant leur amortissement doit pouvoir s'intégrer dans un forfait « innovations équipements médicaux diagnostiques » adossé à des programmes d'évaluation cliniques et médico-économiques définis sur une période donnée.
Garantir une offre d'imagerie de proximité sur l'ensemble du territoire par une mobilisation des Conseils Professionnels Régionaux de la radiologie
L'accès à l'expertise radiologique ne doit pas dépendre du code postal.
Nous proposons de renforcer l'organisation territoriale de l'imagerie en s'appuyant sur les coopérations entre établissements publics, structures privées, cabinets libéraux et communautés professionnelles territoriales de santé. Les G4 régionaux (CNP régionaux de radiologie) appuyés par les délégations régionales de la SFR doivent être mobilisés sur ces organisations territoriales auprès des ARS. Cette organisation doit permettre à chaque patient d'accéder, dans des délais compatibles avec son état de santé, aux examens et aux expertises dont il a besoin.
Assurer une permanence des soins radiologiques accessible à tous
Les besoins en imagerie ne s'arrêtent ni la nuit, ni le week-end.
L'accès à l'imagerie conditionne de façon majeure le temps passé aux urgences (facteur corrélé à la mortalité des patients admis) et la congestion qui peut en découler. Ceci est particulièrement vrai pour les patients souffrant de maladies mentales et pour les enfants. Une imagerie rapide normale garantit un retour à la maison et un désengorgement des urgences, tandis que face à une imagerie anormale, les radiologues, grâce à leurs compétences multidisciplinaires, peuvent assurer une orientation rapide vers les filières de soins adaptées. Cela limite les errances diagnostiques, néfastes pour le bon soin des patients et source de surcoûts.
Nous appelons à renforcer les organisations permettant d'assurer une permanence des soins efficace sur l'ensemble du territoire, en mobilisant les ressources humaines, les coopérations territoriales et les outils numériques nécessaires, dans le respect de la qualité médicale et de la continuité des soins, tout en assurant un suivi régulier en lien avec les ARS.
Adapter l'offre d'imagerie aux besoins des publics les plus vulnérables
Les enfants, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap ou de dépendance doivent pouvoir bénéficier d'une prise en charge adaptée à leurs besoins spécifiques.
Pour un enfant, bien grandir peut requérir un accès à des soins radiologiques diagnostiques ou thérapeutiques adaptés. En cohérence avec le soutien national apporté aux soins pédiatriques dans leur ensemble, le développement des soins radiologiques pédiatriques devra être soutenu et sa cartographie territoriale mise en œuvre.
Nous proposons également de développer des organisations dédiées, favorisant l'accessibilité des équipements, la coordination avec les structures médico-sociales et la formation des équipes afin de garantir une prise en charge plus humaine, plus fluide et plus sécurisée pour les patients les plus vulnérables.
Faire de l'égalité d'accès à l'imagerie un indicateur des politiques de santé
L'accès à la radiologie doit devenir un objectif de santé publique à part entière.
Nous proposons que les pouvoirs publics suivent régulièrement les délais d'accès, la couverture de la permanence des soins radiologiques, les disparités territoriales et les besoins en ressources humaines afin d'adapter les politiques de santé et de garantir une véritable équité entre les territoires.
Le lien radiologue/patient comme un moteur à part entière des parcours de soins
Les citoyens et les patients doivent être pleinement associés aux évolutions portées par ces propositions structurantes. La SFR souhaite que leurs besoins et leurs attentes concernant les soins radiologiques, par essence transversaux, soient mieux relayés.
À ce titre la SFR construit actuellement un comité consultatif des patients. Intégrant associations de patients, soignants, membres du groupe éthique de la SFR et personnalités qualifiées, ce comité visera à suivre les attendus des propositions émises et leur mise en place effective.
En parallèle, le radiologue doit être pleinement associé aux décisions médicales tout au long du parcours du patient. Ainsi la participation du radiologue aux réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP), aux côtés des autres médecins spécialistes concernés - chirurgiens, anatomopathologistes et oncologues - doit être valorisée et organisée. Dans le cadre des parcours de dépistage, le radiologue doit également être positionné comme coordinateur médical et non comme un simple lecteur d'images.
Dans le cadre des parcours de suivi des maladies chroniques nécessitant une surveillance morphologique régulière, doit être créée une consultation « imagerie de suivi » à une fréquence adaptée à chaque parcours de soins.
Enfin, la SFR portera l'intégration obligatoire, dans les comptes-rendus radiologiques, d'une section « conduite à tenir / orientation du patient » permettant de tracer la suite du parcours de soins des patients, d'en faciliter le déroulé et de raccourcir les soins suivant les actes de radiologie.
Les bénéfices attendus
Pour les patients
- Une meilleure prise en compte des attentes des patients quant aux soins radiologiques.
- Un accès plus rapide aux examens d'imagerie et à l'expertise radiologique, quel que soit le lieu de résidence du patient.
- Une réduction des pertes de chance liées aux délais diagnostiques.
- Une prise en charge adaptée aux besoins des publics les plus fragiles.
Pour les professionnels
- Une meilleure répartition des ressources humaines.
- Des coopérations renforcées entre les acteurs du territoire.
- Des organisations plus attractives et plus pérennes.
Pour le système de santé
- Une réduction des inégalités territoriales.
- Une meilleure continuité des soins, y compris en situation d'urgence.
- Une organisation plus efficiente, capable de répondre durablement aux besoins croissants de la population.
La radiologie au service du bien vieillir
Le vieillissement de la population ne doit pas être considéré comme une fatalité, mais comme un défi collectif. En donnant à la radiologie et l'imagerie médicale toute sa place dans la prévention, la détection précoce et les traitements mini-invasifs, nous pouvons permettre à chacun de vieillir plus longtemps en bonne santé, tout en préservant la soutenabilité de notre système de santé.
Pourquoi faut-il agir ?
Le vieillissement de la population constitue l'un des plus grands défis auxquels sera confronté notre système de santé au cours du prochain quinquennat. D'ici 2030, plus de huit millions de Français auront plus de 75 ans. Cette évolution démographique appelle une transformation profonde de notre modèle de soins.
Aujourd'hui encore, notre système intervient trop souvent lorsque la perte d'autonomie est déjà installée : après une fracture, un accident vasculaire cérébral ou la découverte tardive d'une pathologie. Cette logique curative atteint aujourd'hui ses limites, tant sur le plan humain que sur le plan économique.
La radiologie peut contribuer à changer ce modèle. Grâce aux progrès de l'imagerie médicale, il est désormais possible d'identifier plus précocement les fragilités liées à l'âge, de prévenir certaines complications, d'orienter les patients vers les prises en charge adaptées et de proposer des traitements mini-invasifs qui préservent leur autonomie.
Investir dans l'imagerie du vieillissement, c'est investir dans une médecine qui anticipe autant qu'elle répare. C'est permettre à chacun de vieillir dans de meilleures conditions, tout en limitant les hospitalisations, les complications et les situations de dépendance.
La radiologie doit ainsi devenir un acteur majeur de la prévention de la perte d'autonomie et être pleinement intégrée à la stratégie nationale en faveur du bien vieillir.
Nos propositions
Renforcer la participation des citoyens aux campagnes de dépistage organisé des cancers grâce à des plans de communication nationaux
Parce que les diagnostics précoces de nombreux cancers reposent sur le diagnostic radiologique, les radiologues souhaitent amplifier la participation des citoyens dans les campagnes de dépistage organisé déjà mis en place. Pour le cancer du sein, au-delà de la consultation radiologique qui en constitue le fondement et qui inclut une mammographie de dépistage, un examen clinique, un examen diagnostic complémentaire immédiat quand nécessaire et l'accompagnement dans un parcours de suivi ou de soins, la SFR soutient les recommandations de la SIFEM (Société d'Imagerie de la Femme) pour le déploiement des outils digitaux et d'IA visant à optimiser son efficience et sa personnalisation.
Ces évolutions contribuent à la confiance dans les soins radiologiques, et en conséquence à la participation renforcée de nos concitoyens à ces actions nationales indispensables.
La SFR poursuit en parallèle son soutien au programme de recherche IMPULSION et contribuera autant que possible aux analyses intermédiaires afin de porter en synergie avec l'INCa le déploiement du dépistage du cancer du poumon dans les populations cibles.
La SFR engage d'ores et déjà la mise en œuvre de programmes de formation sur le dépistage du cancer de la prostate par IRM afin d'optimiser les techniques d'acquisition, l'intégration d'analyse par IA et la standardisation des comptes-rendus ainsi que les orientations des patients en aval des examens.
Faire de la prévention de la perte d'autonomie une priorité de la radiologie et de l'imagerie médicale en créant un bilan radiologique de fragilité pour les personnes âgées à risque
La radiologie ne doit pas intervenir uniquement lorsqu'une complication est survenue. Elle doit jouer pleinement son rôle d'outil de prévention au service du maintien de l'autonomie.
La radiologie et l'imagerie médicale permettent aujourd'hui d'identifier des signes précoces de fragilité osseuse, musculaire ou vasculaire qui restent encore insuffisamment recherchés. C'est l'un des enjeux de l'imagerie d'opportunité : celle-ci permet l'obtention de données qualitatives ou quantitatives, recueillies de manière intentionnelle, mais qui sont sans lien avec l'objectif initial de l'examen d'imagerie réalisé pour une cause justifiée spécifique – par exemple quantification des calcifications athéromateuses sur un scanner abdominopelvien demandé pour une infection abdominale profonde.
Nous proposons la création d'un bilan radiologique de fragilité, reconnu et financé, associant notamment l'évaluation de l'ostéoporose, de la sarcopénie et des principales pathologies liées au vieillissement.
Cet examen constituerait la porte d'entrée d'un parcours coordonné de prévention de la dépendance, pluridisciplinaire, associant gériatres, médecins traitants et professionnels du médico-social, et permettant de repérer précocement les facteurs de fragilité, d'évaluer les risques et d'accompagner les décisions médicales avant que n'apparaissent les premières complications.
Dans ce sens, le financement de la prévention par l'imagerie doit également être isolé du financement curatif, avec une enveloppe dédiée dans le PLFSS, à l'image du fonds de prévention de l'autonomie.
Développer la radiologie interventionnelle en accompagnement du vieillissement
De nombreuses personnes âgées pourraient bénéficier d'interventions de radiologie interventionnelle mini-invasives guidées par l'imagerie, notamment parce que le vieillissement restreint l'accès à des procédures plus invasives telles que la chirurgie ouverte.
Nous demandons que ces traitements soient davantage intégrés dans les parcours gériatriques afin d'offrir aux patients les solutions les moins invasives possibles, de réduire les complications, de favoriser un retour rapide à domicile et de préserver leur qualité de vie.
Organiser des parcours coordonnés entre radiologues, gériatres, médecins de ville et établissements
Le vieillissement nécessite une prise en charge globale, coordonnée et de proximité.
Il convient de s'appuyer sur les gérontopôles territoriaux, organisations territoriales associant radiologues, gériatres, médecins traitants et professionnels du médico-social, afin d'améliorer la pertinence des examens, limiter les déplacements inutiles et fluidifier les parcours des personnes âgées.
De la même manière, chaque EHPAD doit être doté d'une convention instaurant un radiologue référent désigné, des protocoles de télé-imagerie mutualisés, des délais de réponse garantis et une transmission standardisée des comptes-rendus.
Adapter l'imagerie médicale aux besoins spécifiques des personnes âgées
Vieillir ne doit jamais être un obstacle à l'accès aux soins en général et aux soins radiologiques en particulier.
Nous proposons d'adapter les organisations, les équipements et les modalités de prise en charge afin de mieux répondre aux besoins des personnes âgées, notamment celles vivant en EHPAD ou en situation de dépendance. Cette évolution suppose également une meilleure formation des professionnels (radiologues et manipulateurs) et une reconnaissance des moyens humains nécessaires à l'accueil de ces patients.
Dans cette logique, nous proposons la mise en place d'une cartographie départementale des structures de radiologie de proximité et la création d'un label « site de soins radiologiques adapté » SFR, reconnu par les ARS et conditionnant l'accès à des financements FIQCS, certifiant. Seront pris en compte les critères suivants : l'accessibilité physique adaptée (lève-malade, table motorisée), des plages dédiées aux patients âgés pour éviter les temps d'attente longs, des protocoles adaptés aux insuffisances rénales et aux contre-indications aux produits de contraste.
Les bénéfices attendus
Pour les patients
- Une détection plus précoce des situations de fragilité.
- Une meilleure prévention des fractures, de la perte d'autonomie et des hospitalisations évitables.
- Des traitements moins invasifs et une meilleure qualité de vie.
Pour les professionnels
- Une meilleure coordination entre radiologues, gériatres et médecins traitants.
- Des parcours de soins plus fluides et mieux adaptés aux besoins des personnes âgées.
- Une reconnaissance du rôle de l'imagerie radiologique dans la prévention.
Pour le système de santé
- Une diminution des complications liées au vieillissement.
- Une réduction des hospitalisations et des situations de dépendance.
- Une meilleure maîtrise des dépenses de santé grâce à une logique de prévention de proximité plutôt que de réparation.
Faire de la France un leader européen de l'intelligence artificielle en imagerie médicale
La radiologie française a déjà construit les outils nécessaires pour faire de la France un leader européen d'une Intelligence Artificielle médicale de confiance. Les pouvoirs publics doivent désormais reconnaître, soutenir et déployer cette organisation au bénéfice des patients.
Pourquoi faut-il agir ?
L'IA a déjà largement transformé la radiologie. Chaque jour, de nouveaux outils permettent d'améliorer la détection de certaines pathologies, de fluidifier l'organisation des services, de gérer les données, d'aider à la rédaction des comptes rendus ou de mieux prioriser les examens les plus urgents. En facilitant l'étude et le traitement des données, l'IA permet notamment de rendre les examens plus pertinents.
Cette révolution technologique est une formidable opportunité pour améliorer la qualité des soins et faciliter l'accès à l'imagerie médicale. Mais elle soulève également des enjeux majeurs : construction des outils en lien avec des questions cliniques pertinentes, maîtrise des données de santé, responsabilité médicale, évaluation des outils, souveraineté numérique, cybersécurité ou encore indépendance vis-à-vis des grandes plateformes technologiques.
Aujourd'hui, le développement de l'IA reste trop fragmenté. Les établissements expérimentent chacun de leur côté, les solutions sont inégalement évaluées, les données demeurent insuffisamment structurées et les critères de remboursement ou de déploiement ne reposent pas encore sur une évaluation homogène. Dans le même temps, les décisions qui façonneront l'IA en santé se prennent dès aujourd'hui, au niveau national comme européen.
La France dispose pourtant d'un atout majeur : une radiologie reconnue internationalement pour son excellence scientifique, sa capacité d'innovation et la qualité de ses données. La profession s'est déjà dotée d'outils uniques en Europe, comme DRIM France IA, qui démontrent sa capacité à organiser une évaluation indépendante des solutions d'IA. Il convient désormais de s'appuyer sur cette expertise pour construire une véritable politique nationale.
L'IA ne peut et ne doit pas remplacer le médecin, dont elle doit au contraire renforcer l'expertise, sécuriser les décisions et aider l'optimisation de la prise en charge des patients. La confiance de nos concitoyens dans les outils numériques est interrogée chaque jour, par l'émergence de données erronées ou fictives générées par des logiciels malveillants. La santé doit garantir la confiance des patients dans l'implémentation, la qualification et l'exploitation des outils numériques. Le radiologue est, pour son patient, le garant de la sécurité et de la qualité de l'information générée par tout outil numérique et en particulier les dispositifs d'IA. La radiologie a vocation à devenir la discipline de référence pour un déploiement responsable, éthique et souverain de l'IA en santé.
Nos propositions
Construire une filière radiologique nationale de l'IA en santé
La France doit faire de la radiologie la discipline pilote de l'IA médicale.
Nous proposons de structurer une filière radiologique nationale de l'IA, associant les pouvoirs publics, les établissements de santé, les chercheurs, les industriels et les sociétés savantes afin de faire de l'IA un outil au service de la qualité des soins, de la sécurité diagnostique, de la pertinence des examens, de l'organisation des parcours et de la souveraineté numérique. Cette filière devra permettre à la France de devenir un leader européen de l'IA médicale de confiance.
De manière concrète, la construction d'une filière radiologique nationale de l'IA implique la constitution d'un véritable plan d'investissement et le fléchage des fonds IA santé vers la radiologie.
Faire de DRIM France IA et du réseau national de centres experts le tiers de confiance pour l'IA en radiologie en France
L'IA ne peut être déployée qu'après une évaluation indépendante réalisée dans les conditions réelles de la pratique clinique.
Nous proposons de renforcer DRIM France IA afin d'en faire la plateforme nationale de benchmark des solutions d'IA en radiologie, couvrant aussi bien les algorithmes d'analyse d'image que les outils appliqués aux comptes rendus, aux demandes d'examens, à la structuration des données ou à la pertinence des indications.
Cette plateforme s'appuiera sur un réseau national de centres experts, animé ou labellisé par la Société Française de Radiologie, représentant l'ensemble des modes d'exercice. Ce réseau permettra d'évaluer les outils, de mutualiser les retours d'expérience, de produire des recommandations nationales et d'assurer un suivi continu des performances après leur déploiement.
La SFR le fait déjà !
DRIM France IA
DRIM France IA est une association créée à l'initiative du Conseil National Professionnel de la Radiologie. Elle a pour but principal d'accompagner le développement de l'IA en radiologie, en aidant les radiologues à choisir des solutions d'IA pertinentes et validées et à les installer dans le respect des réglementations. L'association mène aussi un travail d'évaluation indépendante en créant des grilles d'analyse des solutions d'IA existantes sur le marché.
Un autre chantier majeur est la création d'une base d'indexation nationale reliant le Dossier Médical Partagé (DMP) aux serveurs d'images, appelée la DRIM Box. Enfin, DRIM France IA porte une attention particulière à l'éthique, avec la mise en œuvre d'une « garantie humaine » pour surveiller toute dérive des outils d'IA.
www.drim-ia.com →Garantir une IA souveraine fondée sur des données et des infrastructures maîtrisées
Les données d'imagerie constituent un patrimoine stratégique.
Nous proposons de soutenir la création d'infrastructures françaises et européennes de stockage et de calcul, ainsi que le développement de bases de données multicentriques, annotées, interopérables et sécurisées, afin de garantir une IA respectueuse de la souveraineté numérique, de la protection des données de santé et des besoins de la recherche.
Favoriser les partenariats entre recherche publique, établissements de santé et entreprises innovantes
Les grandes innovations naissent de la coopération entre les acteurs.
Nous proposons de renforcer les collaborations entre les laboratoires de recherche, les établissements de santé, les universités, les start-up et les industriels afin d'accélérer le développement de nouvelles technologies d'imagerie, de nouveaux biomarqueurs et de solutions d'IA conçues en France et en Europe.
Renforcer l'attractivité des carrières scientifiques en radiologie
L'excellence scientifique repose avant tout sur les femmes et les hommes qui la font vivre.
Nous demandons le développement de parcours attractifs permettant aux radiologues de concilier activité clinique, enseignement et recherche, ainsi qu'un soutien renforcé aux jeunes chercheurs, aux équipes émergentes et aux collaborations internationales.
La SFR le fait déjà !
L'Académie IA & Radiologie
L'Académie IA & Radiologie sera déployée par la SFR dès 2027. Ce programme de formation s'adressera à l'ensemble des radiologues de la SFR, soit près de 5000 praticiens exerçant sur le territoire.
À travers 12 masterclass certifiantes, ce dispositif vise à garantir une maîtrise rigoureuse des fondements techniques, réglementaires et éthiques de l'IA en radiologie, condition indispensable à un déploiement sûr et responsable de ces technologies au service des patients. En structurant ainsi la montée en compétence de toute une profession, la SFR accompagne concrètement la transformation numérique du système de santé français et en sécurise les usages.
Les bénéfices attendus
Pour les patients
- Des diagnostics plus rapides, plus fiables et plus homogènes.
- Des outils prédictifs pour personnaliser la prévention et la conduite à tenir thérapeutique.
- Une garantie humaine dans l'explicabilité des résultats d'analyses d'examens d'imagerie par le radiologue.
- Une meilleure sécurité grâce à des outils évalués de manière indépendante.
- Un accès plus équitable aux innovations sur l'ensemble du territoire.
Pour les professionnels
- Des outils d'aide à la décision validés, transparents et intégrés aux pratiques cliniques.
- Une responsabilité médicale pleinement préservée.
- Une montée en compétence sur l'utilisation de l'intelligence artificielle.
Pour le système de santé
- Une accélération du déploiement des innovations réellement utiles.
- Une meilleure évaluation des investissements publics et des technologies de santé.
- Le renforcement de la souveraineté scientifique, technologique et industrielle de la France et de l'Europe en matière d'intelligence artificielle appliquée à la santé.
Faire de la radiologie interventionnelle un pilier de la médecine de demain
La radiologie interventionnelle utilise les techniques de radiologie et d'imagerie médicale (scanner, échographie, radiographie…) pour mener des gestes thérapeutiques mini-invasifs.
Elle permet notamment de traiter des cancers, des AVC, des hémorragies, des pathologies vasculaires ou des douleurs, en introduisant des instruments très fins directement jusqu'à la zone à traiter.
Elle offre ainsi des traitements plus précis, moins invasifs et souvent moins lourds pour les patients, avec des temps d'hospitalisation et de récupération réduits.
Elle est reconnue comme un des 4 piliers du traitement du Cancer par l'INCA aux côtés de la radiothérapie, de la chirurgie et des traitements médicaux (chimio- et immuno-thérapie).
La radiologie interventionnelle est devenue une discipline thérapeutique à part entière, intégrée dans le parcours de formation des radiologues (option de radiologie interventionnelle avancée) offrant des alternatives mini-invasives à de nombreuses interventions chirurgicales.
Elle fondera la médecine de demain.
Pourquoi faut-il agir ?
Chaque année, des milliers de patients pourraient bénéficier de traitements moins invasifs, plus rapides et plus sûrs grâce à la radiologie interventionnelle. Guidées par les techniques radiologiques, ces actes permettent aujourd'hui de traiter un nombre croissant de pathologies - cancers, maladies vasculaires, douleurs chroniques, fractures, pathologies urologiques ou gynécologiques - tout en évitant, dans de nombreuses situations, une chirurgie plus lourde.
Cette médecine de précision répond pleinement aux défis auxquels notre système de santé est confronté. Elle réduit les complications, diminue les durées d'hospitalisation, favorise le développement de la chirurgie ambulatoire et accélère le retour à une vie normale. Elle constitue également une réponse particulièrement adaptée au vieillissement de la population et à l'augmentation des maladies chroniques.
Pourtant, son développement demeure insuffisant. L'offre reste très inégale selon les territoires, les parcours de soins ne permettent pas toujours aux patients d'accéder à ces traitements, et les moyens humains, organisationnels et financiers ne sont pas à la hauteur des besoins.
La radiologie interventionnelle ne doit plus être considérée comme une activité de recours réservée à quelques centres experts. Elle doit devenir une composante essentielle de l'offre de soins, accessible à tous les patients qui peuvent en bénéficier.
Enfin, elle nécessite une compétence double : radiologique pour le diagnostic et la maîtrise des rayons X (acquise lors des phases socle et d'approfondissement du cursus d'interne) et la technique (acquise lors de la phase de consolidation avec 1 année supplémentaire de formation pendant l'option RIA).
Nos propositions
Faire de la radiologie interventionnelle une priorité nationale de santé publique
La radiologie interventionnelle doit être pleinement reconnue comme une offre thérapeutique de première intention lorsqu'elle constitue l'alternative la plus efficace et la moins invasive pour le patient.
Nous demandons qu'elle soit intégrée aux grandes stratégies nationales de santé, aux politiques de lutte contre le cancer, aux programmes consacrés au vieillissement, ainsi qu'aux parcours de prise en charge des maladies chroniques.
Garantir un accès équitable à la radiologie interventionnelle sur l'ensemble du territoire
La radiologie interventionnelle offre des traitements mini-invasifs qui permettent de réduire les complications, les durées d'hospitalisation et les coûts pour le système de santé. Mais, aujourd'hui encore, les possibilités d'accès à ces traitements dépendent trop souvent du lieu de résidence.
Nous proposons de structurer un réseau national coordonné de centres de proximité, de centres experts régionaux et de centres de référence nationaux, au plus près des patients, avec des missions clairement définies en matière de permanence des soins, de recours, de formation, de recherche et d'innovation.
Ainsi chaque GHT devra disposer ou conventionner l'accès à au moins une unité de radiologie interventionnelle à spectre large (oncologie, vasculaire, ostéo-articulaire), adossée à un plateau d'imagerie de recours.
Chacun doit pouvoir bénéficier des innovations thérapeutiques, quel que soit son lieu de résidence.
La SFR le fait déjà !
Cartographie des centres
La SFR par l'intermédiaire de la Fédération de Radiologie Interventionnelle met à disposition de nos concitoyens une cartographie des centres de radiologie avec activité interventionnelle. Cette carte interactive est disponible en ligne.
Voir la carte interactive →Intégrer systématiquement la radiologie interventionnelle dans les parcours de soins
De nombreux patients ne bénéficient pas de ces traitements faute d'être orientés vers un radiologue interventionnel au bon moment.
Nous proposons que les indications de radiologie interventionnelle soient intégrées de manière systématique dans les réunions de concertation pluridisciplinaires, les recommandations professionnelles et les parcours de soins des principales pathologies. Chaque patient doit pouvoir bénéficier de l'ensemble des options thérapeutiques disponibles avant toute décision.
Donner aux équipes les moyens de développer cette médecine d'avenir
Le développement de la radiologie interventionnelle suppose des investissements à la hauteur de son potentiel.
Nous demandons d'augmenter le nombre de radiologues interventionnels, de renforcer les équipes de manipulateurs en électroradiologie médicale et d'accompagner leur spécialisation dans l'environnement des blocs de radiologie interventionnelle, de soutenir les investissements technologiques et de mieux reconnaître les actes de radiologie interventionnelle dans la nomenclature et les modèles de financement.
Les bénéfices attendus
Pour les patients
- Des traitements moins invasifs et moins douloureux.
- Des hospitalisations plus courtes et un retour plus rapide à la vie quotidienne.
- Un accès plus équitable à des thérapeutiques innovantes, quel que soit le territoire.
Pour les professionnels
- Une meilleure coopération entre radiologues, chirurgiens et médecins spécialistes.
- Des parcours de soins plus fluides et mieux coordonnés.
- Une reconnaissance renforcée de l'expertise des équipes de radiologie interventionnelle.
Pour le système de santé
- Une diminution des complications et des durées d'hospitalisation.
- D'un point de vue médico-économique, un réel bénéfice clinique au regard des coûts d'investissement.
- Une offre de soins plus moderne, plus attractive et mieux adaptée aux besoins de la population.
Faire de la pertinence des examens un enjeu de la qualité des soins
La pertinence des examens n'est pas une politique de restriction des soins. C'est une politique de qualité. Chaque patient doit bénéficier du bon examen, au bon moment, pour la bonne indication.
Pourquoi faut-il agir ?
La radiologie occupe aujourd'hui une place centrale dans la prise en charge des patients. Elle permet de poser un diagnostic, de guider les traitements, d'éviter des interventions inutiles et d'assurer le suivi de nombreuses pathologies.
Pour autant, tous les examens ne présentent pas la même utilité dans toutes les situations. Un examen non indiqué, réalisé trop tôt, mal indiqué ou redondant peut retarder la prise en charge, mobiliser inutilement des ressources déjà limitées et exposer le patient à des contraintes qui auraient pu être évitées. À l'inverse, un examen pertinent, réalisé au bon moment et pour la bonne indication, améliore la qualité du diagnostic, accélère les décisions médicales et contribue à une prise en charge plus efficace.
Dans un contexte où les besoins en imagerie augmentent fortement sous l'effet du vieillissement de la population, des progrès thérapeutiques et du développement de la médecine personnalisée, la pertinence des examens devient un enjeu majeur de santé publique.
La réponse ne consiste pas à limiter l'accès à l'imagerie, mais à garantir que chaque patient bénéficie du bon examen, au bon moment, pour la bonne indication. Cette exigence de pertinence constitue l'un des leviers les plus puissants pour améliorer simultanément la qualité des soins, l'expérience des patients et l'efficience de notre système de santé.
Nos propositions
Faire de la pertinence des examens une priorité nationale de la qualité des soins
La pertinence de l'imagerie doit être reconnue comme un objectif de santé publique à part entière.
Nous proposons qu'elle soit intégrée aux politiques nationales de qualité et de sécurité des soins, avec des objectifs partagés entre les professionnels, les établissements de santé et les pouvoirs publics. Cette démarche doit être fondée sur les recommandations scientifiques et sur une amélioration continue des pratiques, sans remettre en cause l'accès des patients aux examens nécessaires.
Dans ce sens, il est nécessaire que les radiologues dispensent des enseignements sur la pertinence des soins en formation initiale et dans le cadre de la formation continue des professionnels de santé. Les carrières académiques des radiologues doivent être soutenues et dimensionnées de manière adaptée à ce défi pour augmenter de manière significative les temps d'enseignement en formation initiale des étudiants en médecine (DFASM, intégration d'éléments de pertinence dans les ECOS et les EDN).
Développer un outil de demande numérique accessible à tous les professionnels de santé
Le choix d'un examen d'imagerie doit pouvoir s'appuyer sur des recommandations actualisées, simples d'utilisation et intégrées aux pratiques quotidiennes.
Nous proposons de généraliser les outils numériques d'aide à la demande d'examen radiologique fondés sur les recommandations professionnelles (ADERIM), afin d'accompagner les médecins dans le choix de l'examen le plus adapté à chaque situation clinique et de favoriser une prise en charge harmonisée sur l'ensemble du territoire.
La mise en œuvre d'une demande numérisée, au niveau national, construite de concert avec la DGRINES dans les suites des travaux de la DSN, facilitera le parcours des patients, et permettra des analyses appropriées entre éléments de la demande / examen réalisé / suite des prises en soins.
La SFR le fait déjà !
ADERIM
La SFR encourage depuis de nombreuses années le concept de pertinence pour les demandes d'examens d'imagerie : le bon examen, au bon moment. Un enjeu de santé publique majeur face à la hausse continue des demandes liées au vieillissement de la population et au développement des maladies chroniques - mais aussi un engagement environnemental pour éviter les examens inutiles.
Pour accompagner cette démarche, la SFR met à disposition des médecins généralistes, spécialistes et urgentistes un site et une application mobile, ADERIM, élaborés avec le Collège de Médecine Générale pour guider chaque professionnel vers l'examen le plus adapté. Soutenu par l'ARS Île-de-France et expérimenté en phase pilote en 2026/2027 sur le territoire francilien, ce dispositif traduit l'engagement fort et conjoint de la profession et des institutions pour une meilleure pertinence des soins.
aderim.radiologie.fr →Renforcer le dialogue entre médecins demandeurs et radiologues
La pertinence d'un examen repose avant tout sur un échange entre professionnels.
Nous demandons que les organisations de soins favorisent les échanges entre médecins demandeurs et radiologues, notamment pour les situations complexes, afin de choisir l'examen le plus approprié et d'éviter les examens inutiles ou redondants. Le radiologue doit être pleinement reconnu comme un partenaire de la décision médicale.
Mieux informer les patients sur les examens d'imagerie diagnostique et interventionnelle
Dans un contexte marqué par la multiplication des fausses informations, la remise en cause croissante du fait scientifique et le développement de plateformes permettant aux patients de s'informer - voire de chercher à établir eux-mêmes un diagnostic -, il est plus que jamais essentiel de donner aux professionnels de santé les moyens et les outils nécessaires pour délivrer aux patients une information fiable, accessible et fondée sur les données scientifiques. La qualité des soins repose également sur une meilleure compréhension des décisions médicales.
Nous proposons de développer des outils d'information permettant aux patients de comprendre les bénéfices, les limites et les indications des examens qui leur sont prescrits. Cette transparence renforcera la confiance dans les parcours de soins et favorisera une médecine plus partagée.
La SFR le fait déjà !
Le site patient.radiologie.fr
Le site patient.radiologie.fr, conçu par la SFR, permet à chacun de s'informer et de mieux comprendre les examens de radiologie demandés par son médecin (scanner, IRM, échographie ou radiographie) avant même de s'y rendre. Pour aller plus loin, il met à disposition Irène, un chatbot qui répond aux questions courantes des patients sur la radiologie à partir des informations validées par la SFR et ses partenaires institutionnels, sans jamais se substituer à l'avis d'un professionnel de santé. Un dispositif simple et accessible qui illustre l'engagement de la profession pour une information fiable et de proximité, au service de tous les patients.
patient.radiologie.fr →Soutenir une politique nationale d'évaluation des pratiques en imagerie
La pertinence des examens doit être mesurée pour progresser.
Nous proposons de développer des indicateurs nationaux, des retours d'expérience et des démarches d'amélioration continue permettant d'identifier les bonnes pratiques, de réduire les variations injustifiées entre territoires et de diffuser les recommandations les plus efficaces.
Les examens réalisés doivent pouvoir être rattachés à des indicateurs et catégories de maladies afin de suivre de manière régulière les éventuelles redondances. La fréquence de répétition d'examens de suivi en oncologie doit être définie dans le cadre de la politique d'évaluation nationale qui repose sur l'évaluation par les pairs.
La SFR le fait déjà !
Audit par les pairs
L'audit par les pairs est un dispositif mis en place par les radiologues eux-mêmes pour garantir aux patients la meilleure qualité et sécurité des soins en imagerie médicale, notamment en matière de radioprotection. Concrètement, des équipes de professionnels se rendent dans les cabinets et services d'imagerie pour évaluer leurs pratiques et les accompagner dans leur amélioration continue, sans qu'il s'agisse d'une sanction ou d'une accréditation.
Fruit d'un travail engagé depuis plusieurs années avec le ministère de la Santé et l'Autorité de Sûreté Nucléaire, ce dispositif, actuellement en phase pilote, illustre l'engagement de la profession pour une prise en charge toujours plus sûre des patients sur tout le territoire.
Les bénéfices attendus
Pour les patients
- Des examens mieux adaptés à leur situation médicale.
- Une réduction des examens inutiles ou redondants.
- Des diagnostics plus rapides et des parcours de soins simplifiés.
Pour les professionnels
- Une aide à la décision fondée sur les meilleures recommandations scientifiques.
- Une coopération renforcée entre médecins demandeurs et radiologues.
- Une harmonisation des pratiques sur l'ensemble du territoire.
Pour le système de santé
- Une meilleure utilisation des capacités d'imagerie.
- Une réduction des délais d'accès pour les patients qui en ont réellement besoin.
- Une amélioration de la qualité des soins grâce à une utilisation plus pertinente des ressources disponibles.
Faire de la radiologie un modèle de responsabilité sociale et environnementale
Pourquoi faut-il agir ?
Le changement climatique, la raréfaction des ressources naturelles et les évolutions démographiques imposent de repenser notre système de santé. Les établissements de santé sont aujourd'hui confrontés à un double défi : répondre à des besoins de soins toujours plus importants tout en réduisant leur impact environnemental et en renforçant leur responsabilité sociale.
La radiologie n'échappe pas à cette transformation. Activité à forte intensité technologique, elle mobilise des équipements énergivores, des produits de contraste, des infrastructures numériques et des chaînes logistiques complexes. Dans le même temps, elle constitue un formidable levier pour rendre les parcours de soins plus sobres : en évitant des interventions inutiles, en réduisant les durées d'hospitalisation grâce à la radiologie interventionnelle ou encore en améliorant la pertinence des examens.
La transition écologique ne doit donc pas être perçue comme une contrainte supplémentaire, mais comme une opportunité de transformer durablement les pratiques au bénéfice des patients, des professionnels et de la collectivité.
La Société Française de Radiologie souhaite faire de la responsabilité sociale et environnementale un axe stratégique du développement de la spécialité, en conciliant excellence médicale, innovation et développement durable.
Nos propositions
Faire de la responsabilité sociale et environnementale un pilier de la stratégie nationale en radiologie et imagerie médicale
La transition écologique ne peut reposer sur les seules initiatives locales ou individuelles.
Nous proposons que la responsabilité sociale et environnementale soit pleinement intégrée aux politiques publiques relatives à l'imagerie médicale, avec des objectifs nationaux, des indicateurs de suivi et une gouvernance associant les professionnels, les établissements, les industriels et les pouvoirs publics.
Accompagner les établissements dans la réduction de l'empreinte environnementale de l'imagerie
Les professionnels sont prêts à agir, mais ils ont besoin d'outils, de méthodes et d'investissements adaptés.
Nous proposons de soutenir les établissements dans la mise en œuvre de plans de transition écologique portant notamment sur la performance énergétique des équipements, l'optimisation des consommations, la gestion des produits de contraste, la réduction des déchets, les achats responsables et le recyclage des matériels lorsque cela est possible.
Développer l'écoconception des parcours d'imagerie
L'examen le plus durable est aussi celui qui est le plus pertinent.
Nous proposons de promouvoir une approche d'écoconception des soins en intégrant les critères environnementaux dans l'organisation des parcours d'imagerie : éviter les examens redondants, favoriser les protocoles les plus adaptés, optimiser les déplacements des patients et développer des organisations plus sobres, sans jamais compromettre la qualité ni la sécurité des soins.
Faire de la responsabilité sociale un levier d'attractivité des métiers
La transition écologique ne peut réussir sans les professionnels.
Nous proposons de renforcer les démarches favorisant la qualité de vie au travail, la formation aux enjeux environnementaux, l'égalité professionnelle, la prévention des risques et l'amélioration des conditions d'exercice des radiologues et des manipulateurs en électroradiologie médicale. Une radiologie durable est aussi une radiologie plus attractive.
Soutenir l'innovation responsable en imagerie médicale
Les innovations technologiques doivent contribuer à réduire l'impact environnemental du système de santé.
Nous proposons d'encourager la recherche et le développement de technologies plus sobres, de favoriser l'évaluation environnementale des innovations, d'accompagner l'émergence de solutions numériques responsables et d'intégrer les critères de responsabilité sociale et environnementale dans les politiques publiques de soutien à l'innovation.
La SFR le fait déjà !
Référentiel national pour une imagerie et une radiologie éco-responsable
Face à l'impact environnemental croissant de l'imagerie médicale (consommation d'énergie, raréfaction des ressources, gestion des déchets et stockage massif de données), la SFR s'engage pour une radiologie plus responsable. Elle a coconstruit avec l'ANAP (Agence Nationale d'Appui à la Performance des établissements de santé et médico-sociaux) et le CERES (Collectif Écoresponsabilité En Santé), le premier référentiel national dédié à l'éco-responsabilité en imagerie médicale, qui analyse l'empreinte environnementale du secteur et propose des solutions concrètes : sobriété numérique, optimisation des équipements, gestion des déchets, économie circulaire et usage raisonné des produits de contraste. Ce référentiel souligne l'importance de la pertinence des actes pour limiter les examens superflus, dans une démarche qui vise à concilier excellence des soins et préservation de l'environnement, pour aujourd'hui et pour les générations futures.
En savoir plus →Les bénéfices attendus
Pour les patients
- Des parcours de soins plus simples, plus pertinents et plus durables.
- Une qualité de prise en charge préservée dans un système de santé plus responsable.
- Une meilleure confiance dans des pratiques médicales conciliant innovation et responsabilité.
Pour les professionnels
- Des organisations de travail plus durables et plus attractives.
- Une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux dans les pratiques quotidiennes.
- Une reconnaissance du rôle des équipes dans la transformation écologique du système de santé.
Pour le système de santé
- Une réduction de l'empreinte environnementale de l'imagerie médicale.
- Une meilleure maîtrise des ressources et des consommations.
- Une innovation conciliant performance médicale, responsabilité sociale et transition écologique.
Intégrer pleinement la radiologie et l'imagerie dans les soins en santé mentale
Pourquoi faut-il agir ?
Les troubles psychiatriques constituent aujourd'hui l'une des premières causes de handicap en France. Ils touchent plusieurs millions de personnes, affectent durablement leur qualité de vie et représentent un défi majeur pour notre système de santé. Pourtant, leur prise en charge repose encore essentiellement sur l'évaluation clinique, alors même que les neurosciences connaissent une accélération sans précédent.
Les progrès de l'imagerie cérébrale ouvrent désormais des perspectives inédites. L'IRM multiparamétrique, l'étude de la connectivité cérébrale, l'imagerie de diffusion ou encore l'IA permettent de mieux comprendre les mécanismes des maladies psychiatriques, d'identifier des biomarqueurs, de prédire certaines réponses thérapeutiques et d'accompagner le développement de traitements plus personnalisés.
Dans le même temps, l'émergence de nouvelles approches thérapeutiques, comme la stimulation magnétique transcrânienne, les ultrasons focalisés ou la psychiatrie interventionnelle, renforce le rôle stratégique de l'imagerie pour guider les traitements et évaluer leur efficacité.
La France dispose d'équipes reconnues au niveau international dans ces domaines. Pourtant, faute d'une stratégie nationale coordonnée, ces innovations restent encore insuffisamment intégrées aux parcours de soins, à la recherche et à la formation des professionnels.
Comme la cancérologie a bénéficié d'un Plan Cancer, la psychiatrie doit aujourd'hui se doter d'une ambition nationale permettant d'accélérer le développement d'une psychiatrie de précision, fondée sur les avancées de l'imagerie médicale et des neurosciences.
Nos propositions
Créer un Plan national « Imagerie et psychiatrie »
Les progrès de l'imagerie cérébrale ouvrent la voie à une psychiatrie plus précise, plus personnalisée et plus efficace. Pourtant, ces innovations restent encore insuffisamment intégrées aux politiques publiques de santé mentale.
Nous proposons la création d'un Plan national « Imagerie et Psychiatrie », piloté par les pouvoirs publics en lien avec les sociétés savantes, les professionnels de santé, les chercheurs, les associations de patients et les industriels. Ce plan aurait pour ambition de structurer durablement la psychiatrie de précision en France, en soutenant la recherche, en organisant les filières d'expertise, en améliorant l'accès à l'imagerie cérébrale, en favorisant l'innovation et en accélérant le transfert des avancées scientifiques vers les parcours de soins.
Garantir un accès équitable à l'imagerie cérébrale pour les patients présentant les situations psychiatriques les plus complexes
Les innovations ne doivent pas être réservées à quelques centres experts.
Nous proposons de renforcer les capacités d'accès à l'IRM pour les patients nécessitant une exploration spécialisée, notamment grâce à l'identification de créneaux dédiés, le développement de plateaux techniques adaptés lorsque nécessaire, une meilleure adéquation entre les besoins, la démographie des radiologues et des manipulateurs en électroradiologie médicale.
Cette organisation permettra de réduire les inégalités territoriales et de sécuriser les parcours de soins.
Structurer des filières régionales d'expertise en psychiatrie de précision
Les situations les plus complexes nécessitent une prise en charge hautement spécialisée.
Nous proposons d'identifier et de soutenir, dans chaque région, des filières cliniques reposant sur une coopération étroite entre psychiatres, neuroradiologues, neuroscientifiques et spécialistes de la psychiatrie interventionnelle. Ces centres d'expertise permettront aux patients atteints de formes résistantes ou complexes d'accéder aux stratégies diagnostiques et thérapeutiques les plus innovantes.
Faire de la France un leader de la recherche en imagerie psychiatrique
L'avenir de la psychiatrie reposera sur la capacité à mieux comprendre les mécanismes cérébraux des maladies mentales.
Nous proposons de soutenir un programme national de recherche en imagerie psychiatrique fondé sur la mutualisation des données, le développement de cohortes nationales, l'accélération de la recherche translationnelle et la création d'une base nationale de données d'imagerie psychiatrique garantissant la souveraineté scientifique française tout en favorisant les collaborations académiques et industrielles.
Construire un cadre national de qualité pour l'imagerie en psychiatrie
Le développement de cette nouvelle médecine nécessite des pratiques harmonisées.
Nous proposons d'élaborer, sous l'égide de la Haute Autorité de Santé et des sociétés savantes, des recommandations nationales définissant les indications de l'imagerie psychiatrique, les protocoles d'acquisition, les critères de qualité, les modalités d'interprétation et les conditions d'intégration progressive des biomarqueurs dans les parcours de soins.
Nous demandons également une évolution de la nomenclature afin de mieux reconnaître les examens d'IRM avancée indispensables au développement de la psychiatrie de précision.
Les bénéfices attendus
Pour les patients
- Un diagnostic plus précis et plus précoce des situations complexes.
- Une personnalisation accrue des traitements.
- Un meilleur accès aux innovations diagnostiques et thérapeutiques sur l'ensemble du territoire.
Pour les professionnels
- Une coopération renforcée entre psychiatres, neuroradiologues et chercheurs.
- Des recommandations nationales favorisant des pratiques homogènes.
- Un environnement propice au développement de la psychiatrie de précision.
Pour le système de santé
- Une meilleure structuration de la filière française des neurosciences.
- Une accélération de la recherche et de l'innovation en santé mentale.
- Un renforcement de la souveraineté scientifique et technologique de la France dans un domaine stratégique.
Faire de la radiologie un pilier de la santé des femmes
Investir dans l'imagerie médicale, c'est investir dans la santé des femmes. C'est permettre des diagnostics plus précoces, des traitements moins invasifs, une meilleure prévention et des parcours de soins plus équitables.
Pourquoi faut-il agir ?
La santé des femmes s'impose aujourd'hui comme une priorité de santé publique. Endométriose, fibromes, cancers du sein et des organes gynécologiques, infertilité, troubles liés à la ménopause : ces pathologies concernent des millions de femmes et restent encore marquées par des retards diagnostiques, des inégalités d'accès aux soins et des parcours souvent complexes.
L'imagerie médicale constitue pourtant un levier majeur pour transformer cette prise en charge. Elle permet de diagnostiquer plus précocement les maladies, de mieux caractériser les lésions, d'éviter des interventions chirurgicales inutiles, de développer des traitements mini-invasifs et d'accompagner une médecine de plus en plus personnalisée.
Au-delà du bénéfice individuel pour les patientes, cette évolution représente également un enjeu collectif. Le dépistage organisé du cancer du sein a déjà permis d'éviter des milliers de décès et de réduire la proportion de cancers diagnostiqués à un stade avancé, avec un impact majeur sur les coûts de prise en charge.
La radiologie ne doit donc plus être considérée comme un simple outil diagnostique. Elle doit être pleinement reconnue comme un acteur de la prévention, de l'orientation des patientes, de la décision thérapeutique et de l'innovation au service de la santé des femmes.
Nos propositions
Garantir à chaque femme un parcours d'imagerie adapté à chaque étape de sa vie
L'imagerie médicale accompagne les femmes tout au long de leur vie : prévention, santé gynécologique, maternité, dépistage des cancers, ménopause ou encore prise en charge des pathologies chroniques. Pourtant, les parcours restent souvent fragmentés et inégalitaires.
Nous proposons de structurer des parcours d'imagerie plus lisibles, coordonnés et accessibles, afin que chaque femme bénéficie, au bon moment, des examens les plus adaptés à sa situation, dans le respect des recommandations scientifiques et avec un égal accès sur l'ensemble du territoire.
Structurer des filières territoriales d'excellence en imagerie de la femme
Les parcours de soins doivent devenir plus lisibles et plus coordonnés.
Nous proposons d'organiser, autour des plateaux d'imagerie, des filières territoriales dédiées à l'endométriose, aux fibromes et aux cancers gynécologiques et mammaires, articulées avec les centres experts et les réunions de concertation pluridisciplinaires. La généralisation des scores d'imagerie validés, comme le dPEI pour l'endométriose ou O-RADS pour les masses ovariennes, permettra d'améliorer l'orientation des patientes et d'éviter des chirurgies inutiles.
Développer une médecine plus préventive grâce à l'imagerie et à l'IA
La prévention constitue le meilleur investissement pour la santé des femmes.
Nous proposons de renforcer le dépistage organisé du cancer du sein, d'améliorer la participation des femmes aux programmes de dépistage et d'intégrer progressivement les outils d'IA validés afin d'améliorer la détection précoce, tout en garantissant une évaluation indépendante sous gouvernance médicale. Le radiologue doit également être reconnu comme un acteur de la prévention personnalisée, capable d'accompagner chaque femme dans la compréhension de ses résultats et de son parcours de surveillance.
Intégrer la stratégie de radiologie interventionnelle dans les parcours de soins santé des femmes
De nombreuses pathologies gynécologiques peuvent aujourd'hui être traitées grâce à des techniques mini-invasives, limitant les complications, les hospitalisations et les séquelles.
Nous proposons de reconnaître et de financer les actes de radiologie interventionnelle validés, tels que l'embolisation des fibromes ou la cryoablation de certaines lésions, et de soutenir l'évaluation des techniques émergentes afin d'offrir à chaque femme l'accès au traitement le moins invasif compatible avec sa situation médicale.
Garantir un accès équitable à une imagerie de qualité sur l'ensemble du territoire
Aucune femme ne doit renoncer à un diagnostic précoce ou à un traitement innovant en raison de son lieu de résidence.
Nous proposons de consolider le maillage territorial de l'imagerie médicale, de renforcer l'accès à l'IRM, de développer les coopérations entre établissements et de soutenir les outils numériques permettant d'harmoniser les pratiques, de faciliter les échanges entre professionnels et d'améliorer l'information des patientes.
Les bénéfices attendus
Pour les patients
- Des diagnostics plus précoces et des parcours de soins plus rapides.
- Une réduction des chirurgies inutiles grâce à une meilleure caractérisation des lésions.
- Un accès plus équitable aux innovations diagnostiques et thérapeutiques.
Pour les professionnels
- Des filières de prise en charge mieux coordonnées.
- Des outils d'aide à la décision harmonisés et validés.
- Une coopération renforcée entre radiologues, gynécologues, chirurgiens, oncologues et médecins généralistes.
Pour le système de santé
- Une diminution des coûts liés aux diagnostics tardifs et aux traitements lourds.
- Une meilleure efficience grâce au développement de la prévention et des traitements mini-invasifs.
- Une politique de santé des femmes fondée sur l'innovation, l'équité et la qualité des soins.
Notre méthodologie de travail
Cette plateforme de propositions est le fruit d'une démarche collective portée par la Société Française de Radiologie pour éclairer les choix de politique publique en matière d'imagerie médicale.
Des groupes d'experts spécialisés, réunissant des membres de la SFR, ont travaillé sur les principaux enjeux de la discipline, en croisant leurs expertises, leurs expériences de terrain et leurs analyses. Toutes les composantes du conseil national professionnel de radiologie ont été sollicitées.
Ce travail a permis de faire émerger et de hiérarchiser les sujets qui appellent aujourd'hui une réponse et une action des pouvoirs publics. Pour chaque sujet, des propositions concrètes et structurantes ont été formulées.
Une attention particulière a enfin été accordée à la pédagogie et à l'accessibilité des contenus, afin de rendre ces enjeux compréhensibles au-delà du seul cercle des spécialistes et de contribuer au débat public sur l'avenir de notre système de santé.
Les experts contributeurs
- Dr Sophie Aufort
- Pr Jean-Michel Bartoli
- Pr Louis Boyer
- Pr Pierre Champsaur
- Dr Mélanie Debarreix
- Dr Éric Guillemot
- Pr Guillaume Herpé
- Pr Hélène Kovacsik
- Dr François Legou
- Pr Alain Luciani
- Dr Charles Mellerio
- Dr Évelyne Meyblum
- Pr Laurent Milot
- Pr Catherine Oppenheim
- Pr Jean-Pierre Pruvo
- Pr Isabelle Thomassin
- Pr Vincent Vidal
À propos de la Société Française de Radiologie (SFR)
Fondée en 1909, la Société Française de Radiologie (SFR) est une association loi 1901 à but non lucratif qui rassemble environ 10 000 radiologues en France et dans le monde. Basée à la Maison de la Radiologie à Paris, elle a pour mission de développer et de diffuser l'expertise en radiologie et en imagerie médicale, d'assurer la formation continue des radiologues, d'élaborer des recommandations de bonnes pratiques et de soutenir la recherche à travers l'attribution de bourses et de prix. Elle organise chaque année les Journées Françaises de Radiologie (JFR), congrès de référence de la spécialité, et publie le Journal de Radiologie. La SFR est l'une des plus importantes sociétés savantes médicales de France et d'Europe.
www.radiologie.fr →À propos des sociétés de surspécialité
De la Société Française de Radiologie (SFR)
Contact presse
Nicolas Merlet — 06 25 79 64 79 — nicolasmerlet@ortus-sante.fr
Françoise Millet — 06 86 89 55 17 — francoisemillet@ortus-sante.fr
www.radiologie.fr →